1. Le premier réflexe : tester l'eau, pas la pharmacie
Avant tout traitement, mesurez NH4, NO2, NO3, température, pH et salinité. Une intoxication à l'ammoniaque produit exactement les mêmes signes qu'une infection débutante : respiration rapide, poissons en surface, nageoires serrées.
Traiter chimiquement un problème d'eau aggrave toujours la situation, car les médicaments perturbent la filtration biologique.
Règle : aucun médicament n'entre dans le bac principal tant que les paramètres n'ont pas été vérifiés et notés.
2. Diagnostic par symptôme visible
Observez le poisson au calme, à distance, sans lampe torche. Notez la respiration, la nage, les nageoires et la peau.
| Symptôme | Hypothèse principale | Vérifier aussi |
|---|---|---|
| Points blancs nets, taille grain de sel | Ich / Cryptocaryon | Température, nouvel arrivant récent |
| Voile poudreux doré | Oodinium / Velvet | Urgence : mortalité en 48 h |
| Respiration très rapide, branchies écartées | Parasites branchiaux ou ammoniaque | Tests d'eau immédiats |
| Nageoires effrangées, bords blancs | Infection bactérienne (pourriture) | Qualité de l'eau, agression |
| Fils blancs de mucus / selles blanches | Parasites internes | Refus de nourriture, amaigrissement |
| Amaigrissement dorsal marqué | Vers internes, tuberculose | Isoler, ne pas surtraiter |
| Touffe cotonneuse blanche | Mycose (souvent secondaire) | Blessure ou plaie préexistante |
| Frottements sur le décor | Parasites cutanés | Inspecter à la lumière rasante |
| Nage déséquilibrée, poisson qui flotte | Trouble de vessie natatoire | Alimentation, constipation |
3. Monter un bac hôpital efficace
Un bac hôpital n'a pas besoin d'être beau : il doit être nu, facile à désinfecter, et biologiquement fonctionnel dès l'instant où vous en avez besoin.
- Volume 30 à 60 L, sans sable ni roche (ils adsorbent les médicaments).
- Un filtre à exhausteur maintenu en permanence dans la décantation du bac principal : il est mûr le jour où vous en avez besoin.
- Chauffage, couvercle, et cachettes en PVC ou pots en terre cuite.
- Éclairage faible : la lumière vive stresse un poisson malade.
- Changements d'eau quotidiens de 20 à 25 %, avec redosage du médicament au prorata.
Le cuivre est absorbé irréversiblement par le sable, les roches et le silicone. Un bac ayant reçu du cuivre ne redeviendra jamais un bac à invertébrés.
4. Protocoles de traitement usuels
Chaque traitement suppose un diagnostic. Un traitement « au cas où » sélectionne des souches résistantes et affaiblit le poisson.
- Retirez toujours charbon actif, résines et UV pendant un traitement médicamenteux.
- Terminez le protocole complet même si les symptômes disparaissent avant.
- Après traitement, réintroduisez le charbon 48 h pour nettoyer les résidus.
| Pathologie | Traitement de référence | Durée | Précautions |
|---|---|---|---|
| Ich eau douce | Vert de malachite + hausse à 28 °C | 10–14 j | Oxygénation renforcée |
| Cryptocaryon marin | Cuivre chélaté mesuré au test | 14–21 j | Bac hôpital uniquement |
| Oodinium | Cuivre chélaté ou bains formol | 14 j | Intervention immédiate |
| Bactérien externe | Antibactérien large spectre | 5–7 j | Retirer charbon et UV |
| Vers internes | Fenbendazole / praziquantel | 3 doses / 3 sem. | Nourriture imprégnée |
| Mycose | Traitement antifongique + eau parfaite | 5–7 j | Traiter la cause primaire |
5. La quarantaine : 90 % de la prévention
Quatre à six semaines de quarantaine systématique éliminent la quasi-totalité des épidémies. C'est contraignant, mais infiniment moins qu'un bac récifal entier à traiter.
- Semaine 1 : observation seule, eau du magasin jamais versée dans votre bac.
- Semaines 2–3 : traitement préventif ciblé selon l'origine (vers plats pour les coraux, parasites pour les poissons marins).
- Semaines 4–6 : observation finale, reprise alimentaire normale, contrôle du poids.
- Les coraux passent par un bain de dip dédié et un rinçage avant tout contact avec le bac principal.
- Ne jamais mélanger deux arrivages différents dans la même quarantaine.
6. Acclimatation : réduire le stress qui déclenche tout
Une acclimatation ratée est un facteur déclenchant majeur. Le goutte-à-goutte n'est pas un rituel : il évite un choc osmotique et un choc de pH simultanés.
- Flotter le sachet fermé 15 min pour égaliser la température.
- Transvaser dans un seau, puis goutte-à-goutte jusqu'à tripler le volume (45 à 60 min).
- Attraper le poisson à l'épuisette : ne jamais verser l'eau de transport dans le bac.
- Éteindre l'éclairage pour les premières heures.
- Ne pas nourrir le jour de l'introduction.
