Tous les guides
Glossaire

Glossaire de l'aquariophilie

Récifal et eau douce : chaque terme est défini avec sa valeur cible quand elle existe, et renvoie vers le guide qui l'explique en détail.

40 termes

Biofilm

Commun

Pellicule bactérienne colonisant toutes les surfaces ; support de la filtration biologique.

C'est dans le biofilm que vivent les bactéries nitrifiantes. Nettoyer une masse filtrante à l'eau du robinet le détruit (chlore + choc thermique).

Brassage

Récifal

Circulation d'eau assurée par les pompes de brassage ; nourrit les coraux et évacue leurs déchets.

Valeur cible : 20 à 40 fois le volume par heure en récifal

Un brassage aléatoire et non laminaire vaut mieux qu'un débit élevé et directionnel : cherchez des zones mortes nulles, pas un courant violent.

Les SPS demandent un flux fort et chaotique, les LPS un flux doux et indirect.

Ca (Calcium)

Récifal
mg/L (ppm)

Brique principale du squelette aragonitique des coraux durs et des coralline.

Valeur cible : 410–450 mg/L

Le calcium se combine aux carbonates pour former l'aragonite. Sa consommation est mécaniquement liée à celle du KH : environ 20 mg/L de Ca pour 1 °dKH consommé.

Une valeur basse freine la croissance ; une valeur très haute (>480) associée à un KH élevé provoque des précipitations qui entartrent chauffages et pompes.

Charbon actif

Commun

Média adsorbant les molécules organiques colorées et certaines toxines.

Utile après un traitement médicamenteux ou en cas d'agression chimique entre coraux mous. En usage continu, employez-le à faible dose et renouvelez-le régulièrement.

CO2 injecté

Eau douce
bulles/min ou mg/L

Apport de carbone favorisant une croissance rapide des plantes aquatiques.

Valeur cible : 20–30 mg/L en bac planté

Le CO2 est le facteur limitant n°1 en bac planté fortement éclairé. Sans lui, augmenter la lumière produit des algues, pas des plantes.

Contrôlez la concentration avec un drop-checker à solution 4 °dKH : vert = bon, bleu = insuffisant, jaune = excès dangereux pour les poissons.

Cyanobactéries

Commun

Voile rouge/violet glissant, à mi-chemin entre bactérie et algue.

Elles s'installent dans les zones à faible brassage avec excès de matière organique dissoute et sédiments.

Traiter la cause (brassage, siphonnage, écumage, réduction du nourrissage) avant tout produit chimique.

Cyclage

Commun

Installation des bactéries nitrifiantes avant l'introduction du premier animal.

Le cyclage est terminé quand le bac transforme une dose d'ammoniaque en nitrates en 24 h, avec NH4 et NO2 à zéro.

Il dure typiquement 3 à 6 semaines. Les produits « démarrage instantané » raccourcissent la phase, ils ne la suppriment pas.

Dinoflagellés

Récifal

Efflorescence brune filamenteuse à bulles, typique des bacs à nutriments trop bas.

Les dinos prolifèrent quand NO3 et PO4 sont proches de zéro et que la concurrence microbienne est faible.

La sortie de crise passe par la remontée contrôlée des nutriments, l'UV et l'apport de biodiversité — jamais par une ultra-oligotrophie supplémentaire.

DLI

Commun
mol·m⁻²·j⁻¹

Aussi appelé : Daily Light Integral

Quantité totale de lumière reçue sur une journée : PAR × durée.

Deux réglages très différents peuvent donner le même DLI. Un PAR modéré sur longue durée stresse moins les coraux qu'un pic court et intense.

DSB

Récifal

Aussi appelé : Deep Sand Bed

Lit de sable profond (>10 cm) permettant une dénitrification anaérobie.

Il réduit les nitrates en azote gazeux dans ses couches profondes, mais accumule les composés réduits : on ne le remue jamais entièrement.

Eau osmosée

Commun

Aussi appelé : RO, RO/DI

Eau purifiée par osmose inverse, base obligatoire de toute eau de mer et de la plupart des bacs sensibles.

L'osmoseur retire 90 à 98 % des sels dissous ; la résine DI en aval finit le travail jusqu'à 0 ppm.

Contrôlez la qualité au TDS-mètre : à partir de 10 ppm en sortie, changez résine ou membrane.

Écumeur

Récifal

Aussi appelé : Skimmer

Appareil qui extrait les molécules organiques avant leur minéralisation, via de fines bulles d'air.

Il retire les protéines à l'interface air/eau. Sa performance dépend surtout de la finesse des bulles et du temps de contact, pas de la puissance affichée.

Un écumeur doit être dimensionné pour 1,5 à 2 fois le volume réel du bac.

Estimative Index (EI)

Eau douce

Méthode de fertilisation en léger excès permanent, compensée par un gros changement d'eau hebdomadaire.

L'EI évite de doser à l'aveugle : on apporte volontairement plus que la consommation, puis on remet à zéro avec 50 % de changement d'eau chaque semaine.

Elle suppose un CO2 stable et un éclairage cohérent, sinon elle nourrit les algues.

Fertilisation NPK

Eau douce

Apport d'azote, phosphore et potassium pour les plantes aquatiques.

En bac planté, les nitrates et phosphates ne sont pas des ennemis mais des engrais : viser 10–25 mg/L de NO3 et 0,5–1,5 mg/L de PO4.

Le potassium (K) n'est jamais produit par le bac : il doit toujours être apporté.

GFO / Résine anti-phosphates

Récifal

Oxyde de fer granulaire adsorbant les phosphates dissous.

Très efficace, donc dangereux : une chute trop rapide du PO4 blanchit les coraux. Commencez à 50 % de la dose recommandée.

S'utilise idéalement en réacteur à lit fluidisé lent, remplacé par tiers plutôt qu'en totalité.

GH

Eau douce
°dGH

Aussi appelé : Dureté totale

Concentration en calcium et magnésium ; conditionne les espèces maintenables.

Valeur cible : 4–12 °dGH selon les espèces

Le GH est la dureté « minérale » : elle détermine l'osmorégulation des poissons et la disponibilité du calcium pour les escargots et crevettes.

Les cichlidés du Malawi veulent un GH élevé (10–18), les Caridina et discus un GH bas (3–6).

Hardscape

Commun

Structure minérale du décor : roches, racines, agencement.

En récifal, il conditionne la circulation et le placement futur des coraux : privilégiez des arches ouvertes et des îlots plutôt qu'un mur.

En eau douce, il définit les lignes de composition et les zones de refuge nécessaires aux espèces territoriales.

Ich / Cryptocaryon

Commun

Parasite provoquant des points blancs de la taille d'un grain de sel.

Cryptocaryon irritans en eau de mer, Ichthyophthirius multifiliis en eau douce. Le parasite n'est vulnérable qu'en phase libre : tout traitement doit couvrir un cycle complet.

La hausse de température accélère le cycle mais ne guérit pas seule en eau de mer.

ICP

Récifal

Aussi appelé : ICP-OES, ICP-MS

Analyse en laboratoire mesurant plusieurs dizaines d'éléments de l'eau, majeurs et traces.

L'ICP détecte ce que les tests de la maison ne voient pas : métaux lourds, contaminations (cuivre, aluminium), carences en traces.

Elle ne remplace pas les tests hebdomadaires : c'est une photographie ponctuelle, à interpréter en tendance sur plusieurs analyses.

KH

Commun
°dKH (1 °dKH = 0,357 meq/L)

Aussi appelé : Alcalinité, Dureté carbonatée, dKH

Réserve de bicarbonates qui tamponne le pH et alimente la calcification des coraux.

Valeur cible : Récifal 7,5–8,5 °dKH · Eau douce 3–8 °dKH selon les espèces

Le KH mesure la quantité d'ions carbonates et bicarbonates dissous. C'est le tampon du bac : plus il est élevé, plus le pH résiste aux variations liées au CO2 et à la respiration nocturne.

En récifal, c'est le paramètre le plus consommé par les coraux durs. Sa vitesse de chute quotidienne (la « consommation KH ») est le meilleur indicateur de croissance du bac.

La règle d'or est la stabilité : un bac à 7,0 °dKH constants va mieux qu'un bac oscillant entre 7 et 9. Ne corrigez jamais plus de 0,5 °dKH par 24 h.

LPS

Récifal

Aussi appelé : Large Polyp Stony

Coraux durs à gros polypes (Euphyllia, Acanthastrea, Caulastrea) — tolérants et spectaculaires.

Plus indulgents que les SPS sur les nutriments et l'éclairage, ils apprécient un brassage modéré et supportent des PAR de 100 à 200.

Attention aux tentacules urticants (Euphyllia) : prévoyez 15 à 20 cm entre colonies.

Méthode Balling

Récifal

Dosage équilibré de trois solutions (Ca, KH, sels) compensant la consommation des coraux sans dériver la salinité.

Le principe : chaque ion consommé par les coraux est réapprovisionné dans les mêmes proportions que l'eau de mer, en retirant l'excédent de NaCl via une solution de sels.

Le dosage se règle sur la consommation mesurée du bac, jamais sur un tableau générique.

Mg (Magnésium)

Récifal
mg/L (ppm)

Stabilisateur du couple Ca/KH : il empêche la précipitation spontanée du carbonate de calcium.

Valeur cible : 1 300–1 400 mg/L

Le magnésium s'intercale dans les cristaux d'aragonite en formation et bloque leur précipitation incontrôlée. Sans lui, impossible de maintenir simultanément un Ca et un KH élevés.

Un Mg bas est la cause n°1 des KH et Ca qui « refusent de monter » malgré les dosages. Corrigez toujours le Mg en premier.

NH3 / NH4+ (Ammoniaque)

Commun
mg/L

Déchet azoté direct des poissons ; hautement toxique dès 0,25 mg/L.

Valeur cible : 0,00 mg/L en bac établi

La forme NH3 (gazeuse, très toxique) domine quand le pH monte ; la forme NH4+ est nettement moins dangereuse. Un même résultat de test est donc plus grave à pH 8,2 qu'à pH 6,8.

Toute présence détectable en bac établi signale une surpopulation, un filtre endommagé ou un cadavre non retiré.

NO2 (Nitrites)

Commun
mg/L

Étape intermédiaire du cycle de l'azote ; bloque le transport d'oxygène dans le sang.

Valeur cible : 0,00 mg/L

Les nitrites apparaissent après l'ammoniaque et disparaissent lorsque les bactéries Nitrobacter/Nitrospira sont installées. Leur retour à zéro signe la fin du cyclage.

NO3 (Nitrates)

Commun
mg/L

Produit final du cycle de l'azote ; nutriment indispensable, toxique en excès.

Valeur cible : Récifal 2–10 mg/L · Eau douce plantée 10–25 mg/L

Les nitrates sont issus de l'oxydation de l'ammoniaque puis des nitrites par les bactéries. Ils sont peu toxiques à faible dose mais leur accumulation provoque algues, cyanobactéries et stress chronique.

En récifal, le zéro absolu est un problème : les zooxanthelles ont besoin d'azote. Un bac à 0 NO3 pâlit, brunit ou déclenche une dinoflagellose.

Oodinium / Velvet

Commun

Parasite dinoflagellé donnant un voile poudreux doré ; évolution très rapide et souvent mortelle.

Signes précoces : respiration accélérée, frottements, poisson qui reste dans le courant. La mortalité peut survenir en 48 h.

Traitement en bac hôpital au cuivre chélaté dosé et mesuré, jamais à l'estime.

Osmolateur

Commun

Aussi appelé : ATO

Système compensant automatiquement l'évaporation avec de l'eau osmosée.

Indispensable en récifal : sans lui, la salinité varie chaque jour. Sa panne « ouverte » est la plus destructrice de toutes — prévoyez toujours une double sécurité (flotteur + capteur optique).

PAR

Récifal
µmol·m⁻²·s⁻¹

Aussi appelé : Photosynthetically Active Radiation

Quantité de photons utiles à la photosynthèse reçue en un point donné du bac.

Valeur cible : Mous 50–120 · LPS 100–200 · SPS 200–400

Le PAR est mesuré à l'emplacement exact du corail, pas juste sous la rampe. Deux bacs avec la même rampe peuvent avoir des PAR très différents selon la hauteur d'eau et le hardscape.

Le paramètre déterminant n'est pas le pic mais le DLI (PAR cumulé sur la journée) : baisser l'intensité et allonger la photopériode donne souvent de meilleures couleurs.

pH

Commun

Acidité de l'eau ; suit un cycle jour/nuit lié au CO2.

Valeur cible : Récifal 7,9–8,4 · Eau douce 6,5–7,5 selon les espèces

Le pH descend la nuit (respiration, CO2) et remonte le jour (photosynthèse). Une amplitude de 0,2 point est normale ; au-delà de 0,4, le KH est trop faible ou la pièce est mal ventilée.

Ne cherchez jamais à corriger un pH directement avec des produits « pH+ / pH- » : traitez la cause (KH, CO2, aération).

PO4 (Phosphates)

Commun
mg/L

Nutriment phosphoré issu de la nourriture ; contrôle la couleur des coraux et la pousse des algues.

Valeur cible : Récifal 0,03–0,10 mg/L · Eau douce plantée 0,5–1,5 mg/L

En récifal, le PO4 s'exprime en centièmes de mg/L. Au-dessus de 0,15 mg/L, la calcification ralentit et les coraux brunissent ; à 0,00 mg/L, les tissus se nécrosent par carence.

Mesurez-le avec un test de précision (colorimètre ou test bas régime). Les tests colorimétriques d'entrée de gamme sont inutilisables sur cette plage.

Quarantaine

Commun

Bac séparé où tout nouvel arrivant est observé et traité avant introduction.

4 à 6 semaines en bac nu, avec filtre mûri à part. C'est la seule protection réellement efficace contre l'oodinium, l'ich marin et les vers plats.

Un traitement au cuivre ne se fait jamais dans le bac principal : il tue invertébrés et roches vivantes.

Refuge

Récifal

Compartiment de la décantation abritant des macroalgues et de la microfaune, éclairé en contre-cycle.

Les macroalgues (Chaetomorpha) consomment NO3 et PO4 et servent de réserve de nourriture vivante.

L'éclairage en contre-cycle (allumé la nuit) stabilise le pH nocturne.

RTN / STN

Récifal

Nécroses de tissu rapide (Rapid) ou lente (Slow) chez les coraux durs.

Le RTN décolle le tissu en quelques heures, du pied vers l'apex ; le STN progresse sur plusieurs jours.

Cause la plus fréquente : variation brutale de KH ou de salinité, plus rarement une infection bactérienne. Le réflexe utile est de bouturer les parties saines immédiatement.

Salinité / Densité

Récifal
ppt ou densité (SG)

Concentration en sel de l'eau de mer ; à maintenir strictement constante.

Valeur cible : 35 ppt ≈ 1,0264 SG à 25 °C

Un réfractomètre doit être étalonné avec une solution de référence à 35 ppt, pas à l'eau osmosée seule. Les densimètres à aiguille dérivent rapidement.

L'évaporation augmente la salinité : c'est le rôle de l'osmolateur de la compenser en continu.

SPS

Récifal

Aussi appelé : Small Polyp Stony

Coraux durs à petits polypes (Acropora, Montipora, Seriatopora) — les plus exigeants.

Les SPS tolèrent mal les variations : ils réagissent en heures à un écart de KH ou de température. Ils demandent un fort brassage, un PAR élevé et des nutriments faibles mais non nuls.

Ce sont les derniers coraux à introduire dans un bac, jamais avant 6 à 12 mois de stabilité prouvée.

Stérilisateur UV

Commun

Lampe germicide traitant l'eau en circulation contre les organismes libres.

Efficace contre les phases libres de parasites, les dinoflagellés et l'eau verte, à condition d'un débit lent adapté à la puissance.

Sans effet sur les parasites fixés sur le poisson ou enkystés dans le sable.

TDS / Conductivité

Eau douce
ppm / µS·cm⁻¹

Quantité totale de sels dissous ; sert à contrôler l'osmoseur et les eaux spécifiques.

Valeur cible : Eau osmosée < 10 ppm en sortie

Le TDS ne dit pas quels sels sont présents, seulement leur quantité. C'est un outil de contrôle : une hausse du TDS de sortie d'osmoseur signale une membrane fatiguée ou une résine saturée.

En bac à crevettes Caridina, le TDS est le paramètre de pilotage quotidien (souvent 120–150 ppm avec un sel reminéralisant GH+).

Turnover / Débit

Commun
volume/heure

Nombre de fois où le volume total du bac passe dans le système par heure.

Valeur cible : Eau douce 4–8 × · Récifal 20–40 ×

Le débit annoncé d'une pompe est mesuré à hauteur zéro : comptez 25 à 40 % de perte avec la hauteur de refoulement et les coudes.

Zooxanthelles

Récifal

Algues symbiotiques vivant dans les tissus des coraux et leur fournissant l'essentiel de leur énergie.

Leur densité varie selon la lumière et les nutriments : beaucoup de nutriments = coraux bruns, très peu = coraux pâles voire blanchis.

Le blanchiment (bleaching) est l'expulsion massive des zooxanthelles à la suite d'un stress : chaleur, choc lumineux ou chute de KH.