1. Les tolérances réelles
En SPS, la valeur absolue importe moins que l'amplitude de variation sur 24 heures.
| Paramètre | Cible | Variation max tolérée / 24 h |
|---|---|---|
| KH | 7,5 – 8,5 °dKH | 0,2 °dKH |
| Calcium | 400 – 440 mg/L | 10 mg/L |
| Magnésium | 1300 – 1400 mg/L | 30 mg/L |
| Salinité | 35 g/L (1,0264 à 25 °C) | 0,3 g/L |
| Température | 25 – 26 °C | 0,5 °C |
| pH | 7,9 – 8,3 | 0,2 unité |
Une variation de KH de 1 °dKH en une nuit suffit à déclencher une perte de tissu sur des colonies pourtant en pleine santé. Le dosage doit être fractionné, jamais manuel en une fois.
2. Dosage continu plutôt que dosage quotidien
Les coraux consomment en continu pendant la photopériode et beaucoup moins la nuit. Un dosage unique quotidien crée un pic suivi d'une décroissance : deux fois plus d'amplitude que nécessaire.
- Fractionner en au moins 12 à 24 doses réparties sur 24 heures.
- Décaler les canaux alcalinité et calcium d'au moins 15 minutes, dans des zones de brassage différentes.
- Recalibrer les pompes doseuses par pesée tous les mois : la dérive de débit est la première cause de dérive de KH.
- Suivre la consommation quotidienne comme un indicateur de croissance : une baisse soudaine signale un problème avant que les coraux ne le montrent.
3. Le plan de mesure
Un bac SPS se pilote sur des séries de mesures, pas sur des relevés isolés. Le journal de bord AquaCare permet de rapprocher chaque événement d'une courbe.
| Fréquence | Contrôles |
|---|---|
| Quotidien | Température, salinité, consommation des doseuses, observation visuelle |
| 2 à 3 fois / semaine | KH |
| Hebdomadaire | Ca, Mg, NO3, PO4 |
| Trimestriel | Analyse ICP complète (éléments majeurs, traces, métaux lourds) |
4. Lire une ICP en bac SPS
Sur un bac exigeant, l'ICP sert surtout à détecter ce qu'aucun test du commerce ne mesure : métaux lourds relargués par le matériel, contamination du sel, accumulation liée à un additif.
La règle de lecture est constante : ne corriger qu'un écart significatif, un seul paramètre à la fois, et recontrôler avant toute action supplémentaire.
- Métaux (cuivre, aluminium, zinc, plomb) : chercher la source avant de traiter — colle, pompe, additif, matériel neuf.
- Iode, potassium, strontium : corriger seulement si l'écart est franc et confirmé.
- Comparer systématiquement l'échantillon du bac avec celui de l'eau osmosée quand le doute porte sur la source.
Deux ICP de laboratoires différents ne sont pas directement comparables. Restez sur le même prestataire pour suivre une tendance.
5. Diagnostiquer un RTN / STN
La nécrose rapide (RTN) ou lente (STN) est un symptôme, pas une maladie unique. La démarche est toujours la même : identifier le changement, pas le coupable.
- Reconstituer les 72 dernières heures : dosage, changement d'eau, ajout de matériel, nettoyage, coupure électrique.
- Vérifier immédiatement KH, salinité et température — les trois causes mécaniques les plus fréquentes.
- Fragmenter la colonie en zone saine et déplacer les fragments dans une autre zone de brassage.
- Ne pas empiler les corrections : une seule variable modifiée à la fois, sinon le diagnostic devient impossible.
- Envoyer une ICP si l'épisode se répète sans cause chimique évidente.
6. Redondance et sécurité
Sur un bac de valeur, la perte n'arrive presque jamais par la chimie : elle arrive par une panne.
- Double chauffage de puissance moitié plutôt qu'un seul chauffage pleine puissance.
- Sonde de température indépendante avec coupure de sécurité.
- Détecteur de fuite dans le meuble et sur la décante.
- Onduleur alimentant au minimum une pompe de brassage et le retour.
- Alertes actives sur température, salinité et KH — c'est exactement le rôle de la page Alertes d'AquaCare.
