1. PAR : la seule mesure qui compte vraiment
Le PAR (Photosynthetically Active Radiation) mesure le flux de photons utilisables par la photosynthèse, exprimé en µmol/m²/s. Les watts et les lumens ne renseignent pas sur ce que le corail reçoit réellement.
Le PAR chute très vite avec la profondeur et la distance horizontale : une même rampe peut délivrer le double au centre par rapport aux angles du bac.
| Type de corail | Plage de PAR usuelle | Placement typique |
|---|---|---|
| Coraux mous | 50 – 150 | Bas et zones latérales |
| LPS | 100 – 200 | Mi-hauteur, brassage modéré |
| SPS | 200 – 350 | Haut du décor, fort brassage |
| Zoanthaires / palythoas | 100 – 250 | Très tolérants, s'adaptent largement |
Ces plages sont des ordres de grandeur usuels. Un même genre peut se comporter différemment selon la souche et son historique d'éclairage — l'observation de la colonie prime toujours sur le tableau.
2. Le spectre : au-delà du « bleu qui fait joli »
Les longueurs d'onde bleues pénètrent plus profondément dans l'eau et sont les plus efficaces pour la photosynthèse en récifal ; elles excitent aussi les protéines fluorescentes responsables des couleurs vives.
Un spectre trop pauvre en blanc donne un rendu esthétique bleu mais peut appauvrir la croissance ; un spectre trop blanc favorise souvent les algues indésirables.
- Canal bleu royal (environ 450 nm) : moteur principal de la photosynthèse en récifal.
- Canal violet / UV proche : accentue la fluorescence et le rendu des pigments.
- Canal blanc : améliore le rendu visuel naturel, à doser modérément.
- Canaux verts et rouges : utiles à faible proportion pour l'équilibre visuel.
3. Construire une photopériode réaliste
Une photopériode récifale s'étale généralement sur 9 à 11 heures, dont seulement 5 à 6 heures au pic d'intensité, avec des rampes de montée et de descente d'au moins 60 minutes.
Les rampes évitent le choc lumineux et reproduisent le cycle naturel, ce qui améliore nettement le comportement des poissons et l'ouverture des polypes.
- Aube : montée progressive sur 60 à 90 minutes, bleus en premier.
- Plateau : intensité maximale sur 5 à 6 heures.
- Crépuscule : descente sur 60 à 90 minutes, blancs coupés en premier.
- Nuit : obscurité réelle, éventuellement une faible lumière lunaire.
4. Acclimater une nouvelle colonie
Un corail arrivé d'un bac faiblement éclairé et placé directement sous 300 de PAR blanchit fréquemment. L'acclimatation lumineuse est aussi importante que l'acclimatation chimique.
- Placer la colonie en bas du décor pendant 7 à 10 jours.
- Remonter par paliers de 5 à 10 cm, en observant l'ouverture des polypes pendant 3 à 5 jours à chaque palier.
- Un corail qui pâlit lentement reçoit trop de lumière ; un corail qui brunit en manque ou reçoit trop de nutriments.
Ne changez jamais l'intensité lumineuse et les paramètres chimiques en même temps : en cas de réaction, vous ne saurez pas quelle variable est responsable.
5. Vieillissement et entretien
Les LED perdent en flux au fil des milliers d'heures et l'accumulation de sel et de calcaire sur les optiques réduit la transmission de façon significative.
- Nettoyer les optiques et la vitre de protection une fois par mois.
- Vérifier la ventilation de la rampe : la chaleur accélère le vieillissement des diodes.
- Noter les réglages dans le journal de bord avant toute modification, pour pouvoir revenir en arrière.
